Titre

 La brisure des vases

​Chorégraphie

Nicolas Zemmour

Interprétation

Emilie Garetier Aurore Mettray Julien Ramade Annick Schadeck Franck Sasonoff Francesco Mormino Nicolas Zemmour

Musique Originale

Wilfrid Rapanakis-Bourg

Scénographie

Thibaut Magnan

Textes Originaux

Nicolas Zemmour

Costumes

Laurie Lamborelle

                                                         

Lumières

Nina Schaeffer

Conseiller Conceptuel

Marc Berger

Répétiteur

Jean-Marie Limon

    

Producteur

ZemmourBallet

Les Théâtres de la Ville de Luxembourg

Co-producteurs

T.E.E.M (TERRITOIRES D’ÉCRITURES EN MOUVEMENT)STRUCTURE DE DÉVELOPPEMENT CHORÉGRAPHIQUE CONVENTIONNÉE, QUIMPER ; résidence de création

3BISF, LIEU D’ARTS CONTEMPORAINS, AIX-EN-PROVENCE ; Aide à la production et résidence de création.

LE MERLAN, SCÈNE NATIONALE DE MARSEILLE ; résidence de création

CDC - LES HIVERNALES, CENTRE DE DÉVELOPPEMENT CHORÉGRAPHIQUE,AVIGNON; résidence de création

BALLET NATIONAL DE MARSEILLE; Aide à la production et résidence de création.

INSTITUT FRANÇAIS DU LUXEMBOURG

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À propos ​

Dans la mythologie, aux sources du monothéisme, cette expression métaphorique renvoie au temps qui précède la création du monde, et pose le problème de cette création : comment du neuf, du différent, pourrait-il surgir d’une réalité préalable saturée !

Un philosophe du XVIe siècle, Isaac Louria, a formalisé une réponse à cela, métaphorisée justement dans « La brisure des vases » :
pour que la création advienne, il faut nécessairement qu’il y ait du vide, un espace à remplir, un espace qui suscite l’imagination sur la façon de le remplir.
« La brisure des vases » fait que la lumière advient. La création connaît son premier jour.

Nicolas Zemmour reprend la métaphore et la replace dans une autre perspective :
à l’origine d’un vase, il y a un bloc de terre compact. Le potier plonge les doigts dans ce bloc, l’ouvre, « fabrique » du vide en son centre. Ce vide, c’est le lieu de la création !

Stéphane Gilbart

Note d'intention ​

Ce que Nicolas Zemmour constate, c’est que nous vivons dans un univers de la saturation, sans cesse en quête de productivité : nous faisons quelque chose, nous le finissons,
nous faisons quelque chose d’autre que nous finissons ; nous accumulons, nous entassons. Cela vaut dans nos systèmes scolaires (accumuler les savoirs et les diplômes en négligeant les compétences), cela vaut pour nos agendas surchargés (chaque seconde doit être rentabilisée), cela vaut pour beaucoup de nos créations artistiques (leurs concepteurs nous étouffent sous leurs concepts, qui ne laissent aucun champ libre aux échos personnels). Pour Nicolas Zemmour, il s’agit de faire du vide en soi, de se ménager du vide en soi, indispensable à la création, au dépassement de ce que l’on est.

Nicolas Zemmour voudrait, il espère, que sa danse, dans sa technique sublimée, n’encombre pas ses spectateurs, mais qu’elle installe au sein de chacun d’eux, un « espace vide », propice à toutes les créations personnelles en retour aux créations dont on est les récepteurs et les témoins.

Ce qui est capital aussi pour Nicolas Zemmour, c’est que le sérieux nécessaire du propos se conjugue avec le regard distancié de l’humour. Le rire et le sourire sont nécessaires pour que l’équilibre soit. 

Stéphane Gilbart